Écouter d'abord : pour ensuite jeter les bases de la collaboration
Par une belle journée d'hiver au village de Phuduhudu, au nord-est du Botswana, les connaissances locales, la recherche et l'expérience institutionnelle se sont combinées lors du premier atelier sur la plateforme Multi-Acteur organisé par nos partenaires, L'université internationale des sciences et technologies du Botswana (BIUST) et Elephants for Africa (EFA).
Cet atelier d'une journée a marqué une étape importante dans la mise en place d'un laboratoire vivant ancré localement, en plaçant les priorités de la communauté au cœur des discussions sur l'agroforesterie et les moyens de subsistance durables.
L'atelier a été conçu comme un espace d'écoute et d'apprentissage. Les participants ont été invités à partager leurs expériences sur les cultures locales, le bétail et les espèces végétales indigènes, ainsi que leur intérêt pour l'exploration de nouvelles opportunités liées à la biodiversité et aux moyens de subsistance.
Cet échange fondamental favorise la mise en place d'une plateforme multi-acteurs solide et axée sur la communauté, garantissant ainsi que les activités futures soient conçues conjointement dès le départ et répondent aux besoins concrets liés à l'aménagement du territoire, à la création de revenus et au partage des connaissances.
Rassembler des parties prenantes issues de divers horizons
L'atelier a réuni un large éventail d'acteurs, témoignant d'un engagement en faveur d'une collaboration inclusive entre les différents secteurs :
- Gouvernement: Des représentants du Département de la production et de la santé animales ainsi que de l'équipe de vulgarisation du village, notamment de la clinique locale, de l'école et de la police.
- Société Civile: le Xhauxwatubi Development Trust (chargé de la gestion communautaire de la faune sauvage), les chefs de village, le Comité de développement du village de Phuduhudu et le Comité des agriculteurs.
- Académique: des chercheurs et des animateurs de BIUST et d'Elephants for Africa.
Le groupe comptait une forte représentation de jeunes et des personnes âgées de la communauté, ainsi qu'une participation équilibrée des femmes et des hommes. Si l'implication de l'ensemble des secteurs s'est avérée encourageante, on a toutefois constaté l'absence de personnes en situation de handicap et de représentants du monde des affaires local, ce qui met en évidence un domaine clé à améliorer lors des prochains ateliers.
Un format participatif qui a favorisé le dialogue
Afin de favoriser un échange ouvert, les participants ont été répartis en petits groupes de discussion mixtes, chacun animé par des membres de l'équipe BIUST ou EFA. Après des débuts quelque peu hésitants, les discussions ont rapidement pris de l'ampleur.
Une approche de co-création ascendante a orienté les discussions. Des questions ouvertes ont favorisé le débat et la réflexion, et les conclusions n'ont été consignées qu'une fois que les groupes étaient parvenus à un consensus. Cela a permis de garantir que les résultats reflétaient véritablement les points de vue communs de la communauté plutôt que des opinions individuelles.
Principaux enseignements tirés de la communauté
Plusieurs thèmes majeurs sont ressortis des discussions :
- Aller au-delà des produits bruts : Les participants ont exprimé leur intérêt pour l’amélioration de la transformation et de la commercialisation des plantes indigènes afin de créer des opportunités de revenus plus durables.
- Potentiel du petit élevage : Le rôle du petit élevage dans le renforcement de la résilience des ménages et la diversification des moyens de subsistance a été largement discuté.
- Protection des savoirs locaux : Les membres de la communauté ont souligné l’importance de préserver les connaissances traditionnelles, en particulier celles liées aux plantes médicinales. Comme l’a indiqué un participant, "Nous ne voulons pas que nos connaissances ancestrales soient prises par des étrangers sans qu’aucun bénéfice ne revienne à notre communauté."
La discussion autour du Protocole de Nagoya a joué un rôle clé pour répondre à ces préoccupations. En expliquant comment ce protocole protège les ressources génétiques et les connaissances traditionnelles associées, les facilitateurs ont contribué à instaurer un climat de confiance et d’ouverture autour du partage des savoirs.
Des connaissances communautaires à l’action du projet
Les informations recueillies lors de l’atelier contribuent directement à la Tâche 2.1, en soutenant le développement d’une base de données complète des plantes locales, des cultures et des espèces animales. Ces connaissances issues de la communauté constituent une base de preuves essentielle pour les futures activités de co-conception et la planification durable de l’agroforesterie.
Leçons tirées et perspectives
L’atelier a confirmé un fort intérêt de la communauté pour une implication continue. Les petits groupes de discussion facilités se sont révélés particulièrement efficaces pour renforcer la confiance et encourager le dialogue.
L’un des principaux défis identifiés est la faible implication du secteur privé, pourtant essentielle pour développer des opportunités commerciales et des débouchés viables. Les futurs ateliers MAP mettront donc davantage l’accent sur l’engagement des entrepreneurs et des entreprises locales afin de renforcer la collaboration du modèle de la Quadruple Hélice.
Prochaines étapes
Suite à l’atelier, l’équipe du projet analysera les contributions recueillies et les intégrera dans la base de données sur la biodiversité. Les parties prenantes communautaires, notamment le Comité de développement du village et le Comité des agriculteurs, joueront un rôle central dans la mobilisation de la participation locale lors des prochaines phases de co-conception.
L’atelier de Phuduhudu a posé des bases importantes — semant les graines de pratiques agroforestières façonnées par des connaissances partagées, des priorités locales et une vision collective. shared knowledge, local priorities, and collective vision.
Aperçu de l’atelier
- Organisations partenaires : L'université internationale des sciences et technologies du Botswana (BIUST) & Elephants for Africa (EFA)
- Localisation Village de Phuduhudu, Nord-Est du Botswana
- Date: 30 July 2025
- Format: Atelier sur la plateforme multi-acteurs
- Durée: Une journée